Des résultats insuffisants pour la France face à ses voisins européens

Une personne sans abri et une assistante sociale, à Bordeaux, le 24 août 2023.

La France compte-t-elle un pourcentage de sans-abri ou de personnes vivant dans des conditions précaires plus élevé que les autres pays européens, et la France démontre-t-elle l’efficacité – ou l’inefficacité – de ses politiques ? « C’est difficile à comparer, mais la situation sur ces deux points est un peu pire que dans d’autres pays de richesse similaire. La France, malgré des annonces prometteuses, ne consacre pas suffisamment de moyens pour améliorer la situation, contrairement à certains de ses voisins.Sarah Cupichox, Chargée des Missions Européennes à la Fondation Abbey Pierre. Ce constat s’appuie sur le huitième rapport sur le mal-logement en Europe, publié mardi 5 septembre par la Fondation française et la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (Feantsa).

Concernant les sans-abri, la France, comme la plupart des autres pays européens, est confrontée à une augmentation de leur nombre. Il n’existe pas de données suffisamment solides après 2012 sur le nombre de sans-abri dans le pays, mais si l’on y ajoute les personnes en hébergement d’urgence et celles des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), le total s’élève à 209 000 personnes.

La France présente ainsi le taux de personnes relevant de la compétence le plus élevé (0,309 % de la population), devant l’Allemagne (0,253 %) et bien au-dessus de la moyenne des 13 pays de l’UE dont les statistiques sont suffisamment fiables (0,174 %). Les auteurs du rapport ont calculé. « Mais il faut voir qu’il n’y a pas d’enfants des rues en Allemagne, alors qu’il y en a au moins 2 000 en France aujourd’hui. »Le président de la Feantsa, Freek Spinnewijn, le confirme.

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« Résoudre les crises si ce n’est résoudre le problème »

Des augmentations notables ne sont pas inévitables. « La Finlande et le Danemark ont ​​réussi à réduire considérablement le nombre de sans-abri sur leur territoire »se souvient le rapport. « Ils mènent des politiques consociatives de long terme, alors que la France a fait du sans-abrisme un problème humanitaire, en créant un vaste système d’urgence, sans doute plus rentable politiquement car il rend possible les crises, l’échec de la résolution du problème. »analyse Nicholas Horvat, chercheur associé à la Feantsa.

Pourtant, la France a convaincu nombre de ses voisins de changer d’approche en montrant, à travers une étude comparative, qu’elle fait des économies grâce au dispositif « Un chez soi d’abord », qui consiste à proposer un logement ordinaire à des sans-abri atteints de troubles mentaux. qui ont de grandes difficultés à les accompagner. .

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