« Je préfère être écouté que respecté. »

« Tu as de belles mains ! » dit-elle, d’un coup, comme ça, en plein entretien. A sa manière, divertissante et finalement élégante, elle se moque de vos questions d’une manière tout à fait royale, mais sans le dédain des actrices qui détestent la « promotion » et en font la publicité en termes cinglants.

Pour le reste, Catherine Deneuve est, nous dit-on, directe, drôle et peu bavarde. Des réponses courtes, allant droit au but. Elle n’aime pas se défouler, elle s’exprime en jouant : brièvement, sans concentration, sans affectation. Fans de révélations dévastatrices…

« Tu as de belles mains ! » dit-elle, d’un coup, comme ça, en plein entretien. A sa manière, divertissante et finalement élégante, elle se moque de vos questions d’une manière tout à fait royale, mais sans le dédain des actrices qui détestent la « promotion » et en font la publicité en termes cinglants.

Pour le reste, Catherine Deneuve est, nous dit-on, directe, drôle et peu bavarde. Des réponses courtes, allant droit au but. Elle n’aime pas se défouler, elle s’exprime en jouant : brièvement, sans concentration, sans affectation. Amoureux des révélations écrasées, passez à autre chose…

On a au moins épargné à l’actrice quelques platitudes comme : « Avec ce rôle, j’avais envie de me mettre en danger. » On n’entendra jamais cela de la part de Catherine Deneuve.

Elle est époustouflante dans « Bernadette », le premier film de Léa Dominac, 40 ans, qui raconte l’affirmation de soi de Bernadette Chirac au début des années 2000, malgré le mépris du public, y compris de sa famille. Une comédie drôle, pop, inventive, douce avec Bernadette, aigre avec Jacques (un macho incorrigible !), et émouvante avec leurs filles Claude et Laurence.

Catherine Deneuve et Michel Vuillermoz incarnent Bernadette et Jacques Chirac.


Catherine Deneuve et Michel Vuillermoz incarnent Bernadette et Jacques Chirac.

Warner Bros

Vous avez dû être étonné qu’on vous propose de jouer Bernadette Chirac…

Oui, j’ai été surpris, mais une fois que j’ai commencé à lire le scénario, j’ai vu qu’il était bien écrit, et que ça « fonctionnerait »… J’ai aimé cette approche. Il ne s’agit pas d’une biographie ou d’une reconstitution, mais d’une évocation honnête et sincère des grandes lignes de la vie de Chirac, dans laquelle il s’accorde aussi quelques libertés, en inventant des situations cocasses. C’est ce que j’aime, ce fantasme. Puis j’ai rencontré Léa Dominac, dont l’énergie m’a bluffé. Elle sait où elle va. Je me sentais en confiance.

Connaissez-vous Bernadette Chirac ?

Non, je l’ai rencontrée une ou deux fois… Je n’ai pas particulièrement cherché à étudier son parcours, j’ai juste abordé ce film comme une comédie en fait.

Je lis encore le livre qu’elle a écrit avec Patrick De Carolis intitulé Conversation en 2001, qui a marqué un tournant dans la façon dont elle était perçue : on sent bien son bon sens et son intelligence.

Quelle image avez-vous d’elle ?

Une fois, elle avait une photo assez ancienne, avec son costume et son sac à main, et ça m’a fait rire… Je suppose qu’elle s’en fichait.

Le film décrit une femme qui n’a pas été prise au sérieux depuis des années…

Cela n’a pas été pris au sérieux car il y avait un front très fort entre Jacques Chirac et sa fille Claude. Ils la tenaient à distance, considérant Bernadette comme incarnant quelque chose de conservateur. Puis ils ont vu la popularité qu’elle gagnait grâce à ses campagnes en korrez ou en pièces jaunes, et ils ont commencé à les déployer davantage. Ensuite, de nombreux observateurs ont découvert qu’elle avait un vrai sens politique, mais elle a toujours été politique ! Pendant des décennies, elle a vécu au cœur de la vie politique.

« A une époque, Bernadette Chirac avait une photo un peu vieillotte, avec son tailleur et son sac à main, et ça lui attirait le ridicule… Je pense qu’elle s’en fichait. »

Vous êtes-vous déjà senti, dans le monde très masculin du cinéma, aussi respecté que Bernadette Chirac l’est dans le monde politique ?

Respectable? Mais je ne suis pas intéressé à être « respectable » ! Je veux que les gens me disent des choses, qu’ils s’adressent à moi sur le plateau comme un homme s’adresse à un autre homme. Je veux être entendu, oui, mais « respecté » non.

Nicolas Sarkozy, qui considère cela comme son rang, risque de ne pas trop apprécier le film…

J’ai pensé ?

Interagissez-vous avec le monde politique ?

impossible. Je n’ai aucune relation personnelle avec les dirigeants politiques. Ils ont beaucoup à faire, et ils travaillent jour et nuit, encore plus que Denis Podalides, qui ne s’arrête pas. Il y a eu des moments où j’ai participé, mais j’ai toujours refusé d’apporter un soutien public ou un parrainage au candidat.

Êtes-vous intéressé par la politique à un niveau privé ?

Je suis souvent de près l’actualité politique. D’ailleurs, je porte du noir et on y voit la preuve de mon état d’esprit quant à l’avenir de la démocratie… Je suis inquiet.

Avez-vous vu de bons films cet été ?

J’ai beaucoup aimé Oppenheimer, Anatomy of a Fall, Dry Herbs…

Et « Barbie » ?

Je l’ai vu… c’est absolument incroyable.

Vous êtes connu pour votre amour du cinéma, avez-vous déjà pensé à réaliser un film ?

Ah non, jamais ! J’ai une très haute idée de la réussite. Et j’ai connu de grands cinéastes… Ce que j’aime, c’est collaborer avec eux, être dans la discussion, et c’est ça qui est passionnant.

« Bernadette » de Léa Dominac avec Catherine Deneuve et Michel Vuillermoz. Durée : 1 heure et 32 ​​minutes Date de sortie : 4 octobre.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire