Saint-Jacques : Une saison tendue débute lundi 2 octobre en baie de Saint-Brieuc

Le Télégramme : Que pensez-vous de la campagne de pêche à la coquille Saint-Jacques qui démarre lundi 2 octobre dans la baie de Saint Brieuc ?

Grégory Metair, Président de la Commission des Pêches de la Côte d’Armor : Je pense que la saison va être difficile côté ventes, notamment à cause de l’inflation. C’est notamment pour cette raison que nous choisissons de pêcher à l’origine principale, qui préfère le marché le plus frais, avec de belles coquilles blanches. Nous débuterons à 2,30 € le kilo aux enchères, au lieu de 2,40 € la saison dernière. Malgré l’augmentation du prix du diesel, nous sacrifions 10 centimes d’euro sur notre prix de revente, dans le but de rendre le produit plus abordable.

Comptez-vous également sur les distributeurs pour ne pas faire trop de marge ?

« Oui, nous comptons sur les grandes et moyennes surfaces. S’ils réduisent leurs marges, nous vendrons davantage ce produit local, qui fait face à la concurrence des coquilles Saint-Jacques d’autres pays, de moindre qualité. Mais je trouve que les grandes surfaces manquent de solidarité avec Les pêcheurs, d’ailleurs. » « Et sur le poisson aussi. Quand quelqu’un vous achète du maquereau à 1 € aux enchères et que vous le voyez « en promotion » à 4,50 € au kiosque du supermarché, c’est plus que déroutant : c’est agaçant.

Pêche à la coquille Saint-Jacques dans la Baie de Saint Brieuc.
Pêche à la coquille Saint-Jacques dans la Baie de Saint Brieuc. (Archives Lionel Le Saux/Le Télégramme)

Le gisement semble être en bon état dans le Golfe. Avez-vous peur de l’invasion de poulpes qui a envahi le site de Glennan (29) l’automne dernier ?

« Le gisement est effectivement en très bon état. Mais nous surveillons de près les poulpes : tous les ostréiculteurs ont pour consigne de consigner leurs captures de poulpes. Il ne faut pas les laisser prendre le relais, ce serait dramatique, d’autant plus que le seul Le moyen de s’en débarrasser est de les attraper… »

Comment évaluez-vous la présence du parc éolien en cours d’achèvement offshore ?

« Il sera certainement intéressant d’attraper des poissons à proximité. Quant à son effet, il ne se verra pas tout de suite, les travaux les plus bruyants viennent d’être effectués. Nous verrons dans un an ou deux si la coquille a été stressée, et donc affectée. dans son processus de reproduction. Pour les poissons, l’impact a été immédiat : de nombreuses espèces sont devenues moins abondantes dans le Golfe au cours des deux années qui ont suivi la réalisation des travaux. Bien sûr, nous ne savons pas exactement quelle est la responsabilité exacte des éoliennes. à cet égard, en termes de réchauffement climatique. Mais on se pose des questions, d’autant que le suivi des ressources est financé par Iberdrola (la société qui porte le projet éolien, ndlr), ce qui pose la question de la neutralité.

Combien de navires seront impliqués dans la campagne et y a-t-il des besoins en main-d’œuvre ?

« Nous avons 238 bateaux au total : 228 dragueurs conchylicoles et dix bateaux de pêche en plongée. Côté business, c’est un peu juste, mais on a réussi à trouver quelque chose. La coquille reste attractive, c’est la période de l’année où on fait de son mieux. » vivre. » : Cela attire donc des travailleurs saisonniers qui partent exercer d’autres métiers le reste de l’année.

Que pensez-vous des déclarations successives du ministre d’État chargé de la Maritime, Breton-Hervé Berville, concernant l’arrêt des aides diesel aux pêcheurs ?

« Ils laissent un arrière-goût amer. Les commissions des pêches ont depuis longtemps alerté les pouvoirs publics sur la nécessité de trouver des solutions à la propulsion des navires, mais personne n’a rien fait. En effet, je pense qu’il faut arrêter de compter sur les éoliennes pour compenser l’augmentation du carburant : car plus le nombre d’éoliennes augmentait, plus les zones de pêche diminuaient, et donc le nombre de pêcheurs. Quant au biodiesel, il est plus cher que le diesel, et les moteurs ne sont pas forcément adaptés, encore moins les points de distribution. J’aimerais « L’État doit désigner un motoriste pour fabriquer un modèle de moteur économique, respectueux de l’environnement et adaptable à tous les bateaux. Cela réduirait les coûts pour tout le monde. »

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