Sept dentistes, étudiants retraités, étudiants en fin de cursus, se relaient dans le bus dentaire vers les patients du Gers

La superficie de l’habitacle fait un peu plus de 9 mètres carrés. mais « Il y a tout l’équipement qu’on trouve dans une clinique dentaire« , se félicite Sébastien Delmotte, 44 ans, volontaire de la Croix-Rouge chargé de préparer le minibus qui traversait. »Zones blanches« Du bout de la Gascogne, à un peu plus d’une heure de Toulouse.

« Ici, on ne tombe pas malade : il n’y a plus de médecins, la pharmacie est fermée, et pour le dentiste, il n’y a qu’un cabinet à 25 minutes, et il faut cracher du sang pour qu’ils vous prennent.», rigole Jean-Luc Laval, un habitant de Seymour, qui a vu le bus et arrêté son vélo pour inspecter la couronne.

Le véhicule, où les soins sont gratuits, dessert huit villages qui ontLe point commun c’est la distance de tout», confirme Marie-José Zago, 68 ans, vice-présidente de la Croix-Rouge du Gers et porteuse du projet.

A Seymour, un minibus Peugeot Boxer aménagé a été installé au bord d’un carrefour, sous le regard d’une statue de la Vierge, face à un ancien bâtiment en briques crues, portant l’inscription «forgeron« La silhouette du cheval peint est encore visible.

Depuis le lancement du projet début mai, sept dentistes se relaient dans le bus en début de semaine

Grâce à un autre véhicule d’aide alimentaire de la Croix-Rouge, l’idée d’un bus dentaire a fait son chemin. « Le chauffeur du camion nous a dit : « Il y a beaucoup de problèmes avec les gens qui n’ont pas de dentiste et qui souffrent beaucoup de leurs dents. »« , explique Marie-José Zago.

Elle s’est alors rapprochée de son équipe de la Faculté de Chirurgie Dentaire de Toulouse, dans le but de demander aux étudiants de conduire le bus. Les autorités universitaires donnent leur accord, à condition que les futurs dentistes soient accompagnés par un spécialiste de référence.

« J’ai un ami qui est dentiste à la retraite et également vigneron. Le gars, il fait le vin qui s’appelle Rince-quenottes, et quand on avait besoin de trouver des dentistes, c’est lui qui s’en occupait.», raconte la colorée Marie-José Zago, que tous les membres de l’équipe appellent Marie Jo.

Il a fallu aussi trouver des financements, relever le défi technique de réduire au maximum le poids du bus pour qu’il puisse circuler sans permis poids lourd sur les petites routes du Gers, puis discuter avec différents partenaires : le Agence Régionale de Santé (ARS) ou Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) ou Association des Professionnels Dentaires.

Depuis le lancement du projet début mai, sept dentistes (quatre retraités, deux à temps partiel et un en vacances actives) se relaient dans le bus en début de semaine aux côtés de deux étudiants de sixième et dernière année de médecine dentaire.

« On réduit le nombre de numéros (…) mais on ne reflète pas qu’à la campagne il n’y a plus de dentistes « 

« Je regarde juste la bouche pour voir si tout va bien» : Luna Desno, 25 ans, qui va bientôt obtenir son diplôme de chirurgie dentaire, tente de rassurer une femme âgée inquiète qui a pris place dans le bus dentaire.

« En tant qu’étudiant, nous sommes heureux de pouvoir vivre cette expérience, voir le terrain, travailler un peu pour avoir une perspective sur les alentours de Toulouse et apprendre à aider les patients.« , explique-t-elle à l’AFP.

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Du côté du patient, un sourire – après la visite – est également de mise. « Je pense que c’est génial. Une très belle initiative !», déclare Jack Retros, 82 ans, à l’aise comme «Les dents gravement touchées (les siennes) font mal« .

Il croit cependantUn peu dommage« La Croix-Rouge doit pallier le manque de praticiens sur le terrain.

C’est aussi une situation malheureuse.Marie Jo » : « Nous travaillons à réduire les chiffres (…) mais nous ne pensons pas au fait que dans les campagnes, et peut-être dans les villes, il n’y a plus de dentistes et que les gens se retrouvent avec leurs douleurs et sans personne pour s’occuper eux.« .

Avec l’Agence France-Presse

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