Sur Netflix, découvrez le nouveau Wes Anderson et trois autres nouveautés

C’est fou comme Netflix parvient parfois à rallumer la flamme auprès des cinéphiles : après des mois de disette, la sortie d’un nouveau (court) métrage de Wes Anderson et du dernier film de Pablo Larrain décourage beaucoup de gens de résilier leur abonnement – en fait, n’hésitez pas à le faire. En choisissant l’option qui contient des publicités, c’est tout à fait possible.

Nous en profitons pour parler de deux autres films plus petits arty Disponible sur la plateforme, mais totalement recommandé : l’un est suédois, l’autre allemand, et les deux seront passionnants à plus d’un titre.

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« La grande histoire d’Henry Sugar » de Wes Anderson

C’est l’histoire de Roald Dahl (joué par Ralph Fiennes) qui raconte l’histoire d’Henry Sugar (Benedict Cumberbatch) qui tombe sur un livre dans lequel un médecin (Dev Patel) parle d’un patient (Ben Kingsley) qui sait voir. . Sans yeux. Le dernier film de Wes Anderson, qui dure 39 minutes, s’apparente à une collection de poupées gigognes qui s’intègrent parfaitement dans son univers.

De plus en plus, Anderson semble opter pour un cinéma fragmenté, aux récits atypiques. Le caractère unique de ceci Henri SucreC’est que, contrairement à la dernière œuvre du réalisateur, dont le casting a rassemblé des dizaines de stars, on revient ici à quelque chose de plus modeste, et donc de plus intime, comme une pièce aux moyens limités.

La scénographie et les lieux sont, comme d’habitude, somptueux, mais ils servent plus que jamais à raconter une histoire, à susciter des émotions et à alimenter certains effets comiques. Même s’il lui manque quelques éléments qui nous emportent (inattendu ? actrice ?), La merveilleuse histoire d’Henry Sugar C’est une belle confiserie andersonienne, et on ne peut s’empêcher de se dire qu’elle aurait vraiment fière allure sur grand écran.

« Le Comte » de Pablo Larraín

Pablo Larraín est-il l’un des plus grands réalisateurs en activité ? Quoi qu’il en soit, la question mérite d’être posée. Le club, Jackie, peu importe: Le Chilien réalise une série de films merveilleux avec le même mélange de précision et d’innovation, mais toujours dans des univers complètement différents. Lors de la récente Mostra de Venise, dont il a remporté le prix du scénario, sa dernière création a fait sensation. Et ce n’est certainement pas pour rien.

Mais où est née cette idée étonnante et surprenante : un vampire nommé Augusto Pinochet, né des siècles plus tôt – qui a même léché le sang sur la guillotine de Marie-Antoinette – et dont la mort en 2006 n’était qu’une simulation ? Étonnamment, Larraín et son co-auteur Guillermo Calderon transforment cette idée en une comédie musicale hors du commun, qui tire parfois la corde en empilant des symboles (musique classique, noir et blanc), mais dont la maîtrise est captivante.

L’idée du retour d’un dictateur n’est pas entièrement nouvelle (comme dans la comédie allemande). Il est de retour, inspiré du best-seller), mais le résultat est inédit. Ce conte tragi-comique est le pendant du Joker (mais pas seulement) du chef-d’œuvre de vampire réel en noir et blanc, The Little-Known. Dépendance Par Abel Ferrara. On sent que Larraín a vraiment aimé faire ce film, qui est contagieux.

« Un jour et demi » de Fares Fares

On n’oubliera pas de sitôt le visage et le charisme de Fares Fares, l’acteur libano-suédois apparu entre autres dans Tariq Saleh (Le Caire Confidentiel, Conspiration du Caire), mais aussi dans plusieurs films scandinaves très recommandés (L’argent facile, la société). Passant pour la première fois derrière la caméra, il signe ici un thriller claustrophobe qui tient autant du divertissement du samedi soir que du drame social.

C’est l’histoire d’une prise d’otages quelque part en Suède : celle d’un trentenaire qui un jour fit irruption dans le cabinet médical où travaillait son ex-femme, et exigea de pouvoir reprendre la garde de sa fille, dont il ne n’avait plus le droit de voir. Fares Fares lui-même incarne le policier qui devra négocier pour qu’une situation déjà désastreuse n’entraîne pas une action meurtrière. Une toile classique, mais qui se dévoile avec plus de complexité qu’il n’y paraît.

Il est vraisemblable que les trois principaux protagonistes (la femme, son ravisseur et le policier) devront changer de décor à plusieurs reprises, se précipitant tête baissée dans ce qui apparaît clairement comme une impasse. Sans excuser le preneur d’otages, le film montre néanmoins une nuance très subtile : étant d’origine étrangère, il souffre d’une stigmatisation due au racisme affiché par la société en général – et les parents de son ex-amante en particulier. Cette première réalisation, pleine d’aspérités, est une véritable réussite.

« Paradis », de Boris Kunz

Dans une approche réaliste de la dystopie, ce film allemand décrit une société dans laquelle les personnes les moins riches peuvent donner des années de leur vie à des individus plus riches, en échange d’argent sonnant et trébuchant. Au cœur de ces activités se trouve une startup biotechnologique, financée par les super-riches.

paradis Cela pose d’abord une terrible question existentielle : accepterions-nous de vivre moins si cela pouvait libérer nos proches (ou nous-mêmes) du besoin ? La vie n’est pas censée avoir une valeur marchande, comme ne manquent pas de le répéter les opposants à la prostitution ou à la maternité de substitution, mais lorsqu’il s’agit de permettre aux plus fortunés de reporter l’âge de leur mort, la question semble soudain soulever une autre préoccupation.

Ces questions sont intelligemment abordées par le grand réalisateur et scénariste Boris Kunz, qui fait également preuve de grandes compétences dans la réalisation de thrillers. Très efficace, toujours alerte, paradis Il pousse le problème jusqu’au (semi-)paroxysme en confrontant son personnage féminin principal à la nécessité de renoncer à quarante ans de sa vie pour pouvoir rembourser une dette impossible à régler autrement. Il en ressort un fort sentiment de révolution.

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